Comprendre quand il devient réellement problématique
Le frein de langue est devenu un sujet très présent dans le monde de la parentalité et de l’allaitement.
Et pourtant, entre les professionnels qui disent :
« il n’a rien »
et ceux qui voient un frein chez presque tous les bébés,
les parents se retrouvent souvent complètement perdus.
La réalité, comme souvent, se situe entre les deux.
Tous les freins de langue ne posent pas problème.
Mais certains peuvent avoir un véritable impact fonctionnel sur l’alimentation, le confort digestif et parfois même le sommeil du nourrisson.
Un frein visible n’est pas forcément pathologique
C’est le premier point que j’aime rappeler.
Tous les bébés ont un frein.
Le frein de langue est une petite membrane qui relie la langue au plancher buccal.
Le simple fait qu’il soit visible ne signifie pas qu’il faut intervenir.
Ce qui compte, ce n’est pas uniquement son aspect.
C’est surtout sa répercussion fonctionnelle.
Autrement dit :
comment ce bébé utilise-t-il sa langue ?
Un frein peut être très visible et ne poser aucun souci.
À l’inverse, un frein parfois discret peut avoir un vrai impact.
Ce qui doit alerter : la fonction
Le vrai sujet, ce n’est pas le frein.
C’est ce qu’il provoque.
Je m’intéresse toujours à :
- la prise du sein ou du biberon
- la qualité de la succion
- la fatigue à la tétée
- les claquements de langue
- les prises très longues
- les prises inefficaces
- la prise de poids
- les douleurs lors des tétées
Chez certains bébés, on observe :
- une langue qui ne s’élève pas bien
- une difficulté à avancer la langue
- une prise superficielle
- une aspiration d’air importante
Et c’est souvent cela qui explique les symptômes.
Les conséquences possibles chez le bébé
Un frein restrictif peut entraîner :
- fatigue importante pendant les tétées
- endormissement rapide au sein
- prises interminables
- frustration après les repas
- prise de poids insuffisante
- beaucoup d’air avalé
Et ce dernier point est souvent sous-estimé.
L’air avalé peut majorer :
- reflux
- rots
- gaz douloureux
- ventre tendu
- pleurs après les repas
Parfois, le reflux n’est pas la cause initiale.
Il est la conséquence d’une succion inefficace.
Les conséquences possibles chez la mère
Dans le cadre de l’allaitement, il faut aussi écouter la mère.
Un frein peut être suspecté en cas de :
- douleurs importantes au mamelon
- crevasses persistantes
- pincement à la mise au sein
- sensation de vidange incomplète
- baisse secondaire de lactation
Le bébé compense parfois avec la mâchoire ou les lèvres, ce qui rend la tétée douloureuse.
Trop banalisé… mais parfois surdiagnostiqué
C’est vraiment le cœur de cet article.
Oui, certains freins sont encore trop banalisés.
Mais à l’inverse, tout problème d’alimentation n’est pas forcément lié à un frein.
Il faut aussi explorer :
- débit de tétine
- position au sein
- réflexe d’éjection fort
- allergie
- reflux douloureux
- fatigue du bébé
Le frein ne doit jamais être un diagnostic automatique.
C’est une hypothèse fonctionnelle parmi d’autres.
Mon message aux parents
Ne regardez pas seulement la bouche.
Regardez le bébé dans sa globalité.
Le vrai sujet n’est pas :
« y a-t-il un frein ? »
mais :
« ce frein gêne-t-il réellement la fonction ? »
C’est toujours la qualité de la prise alimentaire, le confort du bébé et la courbe de poids qui doivent guider la réflexion.
Besoin d’être accompagné(e) ?
Je m’appelle Laurène, je suis consultante en lactation & nutrition infantile spécialisée dans le RGO et les troubles ou difficultés alimentaires de bébé.
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